

| Environnement et Cancer |  |
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Un insecticide en cause dans les Dom..
D'après un article de Anne Jeanblanc paru dans le point du 22 juin 2010 |
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L'exposition au chlordécone augmente le risque de cancer de la prostate
L'exposition au chlordécone, un insecticide perturbateur endocrinien employé aux Antilles françaises de 1973 jusqu'en 1993 pour lutter contre le charançon du bananier, est associée à une augmentation du risque de survenue du cancer de la prostate. Telle est la conclusion d'un travail des chercheurs de l'Inserm (U625, université Rennes 1), du CHU de Pointe-à-Pitre (service d'urologie) et du Center for Analytical Research and Technology (université de Liège, Belgique) publié dans le Journal of Clinical Oncology daté du 21 juin. Ce fameux chlordécone, classé cancérogène possible pour l'homme par l'Organisation mondiale de la santé, persiste dans les sols, les eaux de rivières ainsi que les sédiments et il contamine certaines denrées alimentaires.
Ces résultats sont issus d'un programme de recherche intitulé Karuprostate (de Karukera, nom caribéen de la Guadeloupe). Une étude ''cas-témoin'' a comparé les caractéristiques de 709 personnes nouvellement atteintes de cancer de la prostate à 723 autres, indemnes de la maladie, toutes originaires de la Caraïbe (Guadeloupe, Martinique, Haïti, Dominique). Leur inclusion dans l'étude a été réalisée de 2004 à 2007. L'exposition au chlordécone a été évaluée par une méthode originale d'analyse de la molécule dans le sang. L'étude montre que l'exposition au chlordécone est associée à un risque augmenté de façon significative de développer la maladie lorsque les concentrations sanguines en chlordécone sont supérieures à un microgramme par litre.
Mais une analyse plus fine des résultats indique que le risque n'est pas le même pour tous. Au pire, il est multiplié par cinq pour les patients ayant à la fois déclaré des antécédents familiaux de cancer de la prostate (donc des facteurs de susceptibilité génétiques) et résidé dans un pays occidental (industrialisé). ''L'interaction avec la résidence dans un pays occidental pourrait être expliquée par des expositions environnementales acquises lors du séjour, telles que la coexposition à d'autres agents chimiques ou à des modifications de comportements alimentaires pouvant perdurer au retour aux Antilles'', notent les auteurs. C'est la première fois qu'une étude indique l'existence d'une relation causale entre l'exposition à un perturbateur endocrinien et le risque de survenue du cancer de la prostate.
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